Je suis une licorne sauvage joyeuse et gambadant dans les prés du pays de Dame Tartine ~

J’aime écrire, je suis de ceux qui ne sont pas devenus illettrés pour être a la mode. J’aime lire, autre chose que des magasines idiots qui vous abrutissent plus les uns que les autres. J’aime dessiner, sur des vraies feuilles et pas sur mes cours. Je pense beaucoup, à mon avenir et pas à ce que je vais porter demain. Je vis au jour le jour, je n’aime pas tout planifier. J’aime écouter de la musique, de la vraie musique, des artistes intergénérationnels qui durent et ne nous rendent pas sourds. Je suis quelqu’un d’assez pessimiste, mais c’est comme ça.

Ah! Et j’aime les Kiwis.

         Je suis amoureux. Oui, éperdument amoureux. Et depuis tellement longtemps maintenant, que compter les jours me prendrait bien toute une vie. Vie que je n’ai malheureusement plus le temps d’entamer. La vieillesse arrive tellement vite et tellement lentement à la fois.. Que cela en devient troublant. Mais c’est aujourd’hui que je m’en suis rendu compte. Je suis à présent en âge d’inviter cette grande dame qu’est la faucheuse à venir prendre le thé avec moi avant qu’elle-même ne prenne mon dernier souffle. Devrais je lui proposer quelques petits gâteaux ? Pour que tout ceci soit bien plus agréable ? J’ai donc décidé de consacrer mes derniers jours ici pour vous expliquer a quel point j’étais fasciné, a quel point j’étais troublé par sa beauté. Mon amour…

Du plus loin que je m’en souvienne, je l’ai toujours aimé, elle et la lueur bienveillante qu’elle dégageait. Ce n’est que durant mon adolescence que j’ai commencé à l’observer de par ma fenêtre. Je la regardais en secret, c’est vrai, n’importe qui pourrait vous dire que c’est malsain ou pervers, mais je ne pensais et ne pense toujours pas que ça le soit. Moi, je me voyais plus comme l’épieur de la belle qui engendrait tous ces sentiments au plus profond de mon être, de mon cœur. Comme un chevalier qui la surveillait pour pouvoir la protéger si quelque chose lui arrivait. Alors, non, je ne regrette rien. Je ne regrette ni les longues nuits à avoir veillé pour la guetter, ni les journées sans fin à penser à elle. La seule chose que je voulais réellement, c’était rentrer chez moi au plus vite pour pouvoir l’apercevoir et ne plus la quitter des yeux.

Quelques fois je la voyais sur le chemin de la maison, et toute cette excitation naissante dans mes entrailles me rendait joueur. Alors, je me mettais a courir pour arriver en premier, mais malgré tous mes efforts, c’est elle qui gagnait à chaque fois cette course effrénée, me narguant de sa vitesse affolante. Pourtant, j’étais heureux et ce sourire il m’était impossible de m’en défaire.

Vous savez elle était tellement belle, avec sa pâleur naturelle et sa lumière. Cette lumière aimante qui engendrait sur les courbes de son corps des ombres tout aussi magnifiques qu’elle. Elle avait ce don, celui de faire naître dans mes yeux cette étincelle merveilleuse, cette étincelle amoureuse.

Je me souviens à quel point j’étais triste lorsque je ne pouvais la voir, se cachant derrière d’épais voiles gris. Et a chaque fois que cela se produisait le ciel pleurait avec moi et le vent soufflait sur les carreaux de mes fenêtres. Je savais malgré moi, que le lendemain serait un mauvais jour. Mais je ne lui en voulais pas, car sa pureté, sa beauté n’avait d’égal sur terre, et j’avais suffisamment de patience pour pouvoir attendre la prochaine fois. Le matin venu je ne pouvais la voir, mais elle était là, je le savais. Plus discrète certes, mais présente.

Le cercle continuait ainsi et je n’étais jamais lassé de la voir, je la trouvais même plus belle de jour en jour. J’aimais tout d’elle, sa pâleur, sa lueur, ses rondeurs, son ampleur et celle qu’elle avait dans mon cœur. Et j’ai grandi à ses côtés, sans pour autant jamais l’approcher. J’avais peur d’entacher sa pureté et son innocence. Alors j’ai vécu a distance, mais un jour on m’a dit que je ne pourrais plus la voir, car elle allait me nuire. Et une des infirmière a fermé les volets de ma chambre. Je ne pus alors plus jamais épier ma beauté dans son ciel étoilé.

FIN


PLAYS: 78 585

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Q

Just shut up and listen.

I don’t want to be fixed because my Art comes from my painful feelings ~ Hayly